SOCIÉTÉ
Nouvelles découvertes des sœurs Noël
CLICANOO.COM | Publié le 24 mars 2010
Sabine et Laurence Noël, descendantes de George Noël, un flibustier anglais arrivé à Bourbon en 1704, se sont prises de passion pour l’histoire de leurs ancêtres qu’elles pistent au cœur des archives. Elles viennent de faire de nouvelles découvertes.
“George est notre ancêtre. Nous portons toujours son nom et nous avons décidé, nous ses arrière-arrière-petites-filles, d’ouvrir sa malle des Indes. Tout commence avec l’arrivée de George Noël en 1704 à l’’île Bourbon, aujourd’hui île de la Réunion.” C’est ainsi que s’ouvre le site de Sabine et Laurence Noël. Sur leur blog, Malle des Indes des familles Noël et alliés, les deux sœurs se sont lancées dans un véritable jeu de piste pour reconstituer pas à pas l’histoire de leurs ancêtres Pierre et George Noël. Pierre arrive le premier à Bourbon en 1701, George (sans s, à l’anglaise) en 1704. Sabine et Laurence descendent de George. Nos historiennes en herbe viennent de faire de nouvelles découvertes. Le procureur Boucher décrit ainsi George Noël, “fort attaché à la religion romaine, qu’il professe à présent, ayant abjuré l’Anglicane dans laquelle il avait été élevé.” “Nous avons pu retrouver des documents qui attestent effectivement les propos du gouverneur Boucher, indique Sabine Noël. En 1714, Georges fait baptiser deux petites négresses”.
“George Noël va se montrer plus libéral qu’on ne le veut”
“L’an 1714, le douzième du mois d’aoust, par moi frère Nicolas (Laurens) Duval, religieux augustin et curé de l’île de Bourbon ont été baptisées deux petites négresses appartenant au sieur Georges Noël (…) La première a eu pour parrain, le sieur Des Portes de Saint Hubert et pour marraine, Marie Anne Royer. La seconde a eu pour parrain le sieur Jacques Auber le fils et pour marraine, Genevière Royer le dit jour et an que dessus.” George est dit aussi par Boucher “fort obéissant, libéral, et soumis sans avoir aucun des vices ordinaires aux Anglais qui sont presque toujours mutins”. “Et bien, George Noël va se montrer plus libéral qu’on ne le veut, poursuit Sabine. En effet, le 21 janvier 1733, le procureur général de la colonie émet un réquisitoire au Conseil supérieur. George Noël a une attitude impensable envers ses esclaves. Il est dénoncé. De quoi s’agit-il ? Il autorise ses esclaves à vivre comme homme et femme ! Il les autorise à se marier ! Que voulait George, le libéral, pour ses esclaves ? Une simple vie de famille.”
Alain Dupuis

http://www.clicanoo.re/Actualites/Societe/nouvelles-decouvertes-des-soeurs.html

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Geneablogué par GeneaNet (Frédéric) le 23 février 2010, 15:51. Coup de cœur.

George Noël’s blog

Le titre est en anglais, mais c’est bien en français que ce blog est rédigé. Très émouvant et remarquablement documenté, il présente la généalogie d’une famille de la Réunion au XVIIIe siècle.

_Sabine et Laurence Noël sont passionnée de généalogie, et à ce titre elles ont cherché à retracer la vie de leurs ancêtres. Rien de bien extraordinaire, si ce n’est que leurs origines sortent de l’ordinaire : c’est en effet sur l’île Bourbon (la Réunion actuelle) qu’ont débarqué leurs ancêtres au crépuscule du XVIIe siècle. Pirates, marchands, soldats, aventuriers divers, les premiers habitants de l’île venaient des 4 coins de l’Europe, et leur descendance, mêlée au sang d’esclaves, est bien installée dans l’île.
Retrouver ses origines, dans ces conditions, est une aventure palpitante dès le départ, et les trouvailles faites par Sabine et Laurence sont à la hauteur des espérances. Leur formidable travail leur a permis d’obtenir des descriptions très précises de leurs ancêtres, à commencer par George Noël, venu d’Angleterre à la fin du XVIIe siècle.
On y découvre ainsi comment George Noël, libéral avant l’heure, encourageait ses esclaves à se marier entre eux, comment Sabine et Laurence descendent directement de l’esclave Delphine, on y côtoie les colons, on rencontre divers personnages de leur entourage, mais surtout on prend un plaisir fou à lire ces très beaux textes rédigés avec talent, très évocateurs et plein de sensibilité. Ajoutons que les sources présentées sont nombreuses, que les illustrations sont superbes, et nous avons là un modèle d’étude généalogique.
[ George Noël's blog ] | [ Arbre en ligne de Sabine et Laurence Noël, fiche de Georges Noël ]

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SOCIÉTÉ
Les ancêtres se retrouvent sur la toile
CLICANOO.COM | Publié le 27 janvier 2010
Sabine et Laurence Noël, descendantes de George Noël, un flibustier anglais arrivé à Bourbon en 1704, se sont prises de passion pour l’histoire de leur ancêtre qu’elles pistent au cœur des archives. Thierry Lakermance lui aussi se passionne pour l’histoire de sa famille. Tous les trois font partager leurs étonnantes découvertes au travers de blogs.
Le 12 janvier dernier, nous vous faisions découvrir Sabine et Laurence Noël. Descendantes de George Noël, un flibustier anglais arrivé à Bourbon en 1704, elles se sont prises de passion pour son histoire. “George est notre ancêtre. Nous portons toujours son nom et nous avons décidé, nous ses arrière-arrière-petites-filles, d’ouvrir sa malle des Indes.” Sabine et Laurence ont monté un blog où régulièrement elles font état de l’avancée de leurs recherches. Un passionnant jeu de piste historique où les surprises ne manquent pas (voir notre édition du 12 janvier). “Nos recherches ont eu lieu pendant quatre ans à La Réunion aux archives départementales et en métropole à Paris et à Aix, confient nos deux limiers en herbe. Aujourd’hui, nous restituons nos découvertes, pour notre propre plaisir et aussi pour le partager. Il semble que la vie de George soit assez représentative de la vie de beaucoup de nos ancêtres réunionnais, comme vous le verrez par la suite. Nos recherches ferons découvrir par la suite la vie des enfants et petits enfants de George : Louis Noël, Louis Marie Noël, Vincent Florent Noël et leurs alliées.” Au cours de leurs investigations, Sabine et Laurence ont exhumé une signature de leur ancêtre George datant de 1739. Thierry Lakermance, Sabine et Laurence Noël ne se connaissent pas, mais tous les trois partagent le même attrait pour sonder le passé et retracer ainsi l’histoire de leur famille avec le même souci de faire partager leurs découvertes.
(….)
Alain Dupuis

Le site de Sabine et Laurence Noël : http://georgesnoel.wordpress.com________________________________________________________________________________

SOCIÉTÉ
Alain DUPUIS
CLICANOO.COM | Publié le 12 janvier 2010
Alain DUPUIS
Deux blogueses sur les traces d’un ancêtre du XVIIIe siècle_
Sabine et Laurence Noël, descendantes de George Noël, un flibustier anglais arrivé à Bourbon en 1704, se sont prises de passion pour l’histoire de ce lointain ancêtre. Elles ont monté un blog où régulièrement elles font état de l’avancée de leurs recherches. Un passionnant jeu de piste historique où les surprises ne manquent pas._3 réactions de lecteurs_“George est notre ancêtre. Nous portons toujours son nom et nous avons décidé, nous ses arrière-arrière-petites-filles, d’ouvrir sa malle des Indes. Tout commence avec l’arrivée de George Noël en 1704 à l’’île Bourbon, aujourd’hui île de la Réunion.” C’est ainsi que s’ouvre le site de Sabine et Laurence Noël. Sur leur blog, Malle des Indes des familles Noël et alliés, les deux soeurs se sont lancées dans un véritable jeu de piste pour reconstituer pas à pas l’histoire de leurs ancêtres Pierre et George Noël. Pierre arrive le premier à Bourbon en 1701, George (sans s, à l’anglaise) en 1704. Sabine et Laurence descendent de George. “Ils ne se déclarent pas de parenté. Ils ont une vingtaine d’années de différence. Ils ne sont pas “frères de la côte”. Ils ont en commun de venir tous deux d’une île et d’avoir fait souche à l’autre bout du monde dans une autre. Ils sont tous les deux flibustiers”, expliquent Sabine et Laurence._“George Noël, Anglois de nation”_Nos deux détectives en herbe se sont plus particulièrement intéressées à George, parenté oblige, mais n’en ont pas pour autant négligé Pierre. George débarque à Bourbon en avril 1704. Il arrive avec le capitaine John Bowen. “Son nom fait partie de la liste des “forbans repentis” établie par Antoine Boucher, relèvent nos détectives en jupons. Il débarque avec Guy Dumesgnil d’Armentières, Flamand de nation, Joseph de Guigné de Saumur, Pierre Pradeau de Bordeaux, Robert Tarby d’Edimbourg, qui feront souche aussi dans l’île.” Comment George Noël s’est-il retrouvé sur le bateau de John Bowen, pirate notoire ? Sabine et Laurence ont patiemment renoué les fils de l’Histoire. Elles ont retrouvé un acte du 12 août 1704 par lequel un certain George Noël “Anglois de nation, natif de la ville de Londres et âgé d’environ 27 ans a fait publiquement dans l’église paroissiale de Saint-Paul de l’isle Bourbon abjuration de l’hérésie où il dit avoir vécu jusqu’à présent.” George Noël était donc Anglais. Sabine et Laurence ont même cerné son métier. Il était horloger. “Il a été capable de réparer une pendule et de fabriquer une montre, ce qui indique qu’il possède la maîtrise de ce métier”, affirment-elles. George Noël pourrait avoir vécu “dans le quartier des horlogers à Londres au XVIIe siècle à Spittafields, entre les docks et la City. Ce quartier populaire accueille des églises dissidentes et les huguenots. Ces protestants français ont fui les dragonnades à partir de 1681, puis à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685. La présence des tisserands de Tours ou de Lyon y est attestée dès 1680. Les noms des rues sont français, comme le “Passage de Nantes”, “Rochelle”, “Fleur-de-Lys”. Les registres paroissiaux des neuf églises françaises sont tenus aussi en français. Et bientôt, certains se plaindront qu’on n’y chante et qu’on n’y parle que français. Que pouvons nous en déduire ? Pratiquement rien. Il est impossible de dire à quelle date, ni même à quel siècle sa famille s’est installée à Londres.” Pour faire le lien entre Londres et Bourbon, Sabine et Laurence restent sur le terrain des hypothèses. “Il est probable que George se soit embarqué sur un Indianship de la “Old Lady” ou East indian Company. Quand ? Nous ne le savons pas encore. Sur quel navire marchand a-t-il été capturé ? On peut penser que cela arrive entre 1700 et 1704. Nous savons qu’entre 1702 et 1704, le Captain Bowen prendra au moins quatre vaisseaux marchands anglais ou écossais : le Speaker ou Speaking Trumpet ; le Speedy return et le Content, et enfin le Pembroke.” Si le parcours de George Noël avant qu’il n’arrive à Bourbon n’est pas clairement établi, en revanche, lorsqu’il pose le pied sur l’île, Sabine et Laurence le suivent à la trace de Saint-Paul à l’Etang du Gol_Alain Dupuis_Un Noël peut en cacher un autre_Sabine et Laurence n’ont pas retrouvé un mais deux Noël sans avoir pu établir de lien de parenté entre eux. Si George débarque en 1704, Pierre Noël l’a précédé de trois ans. Comme pour George, nos deux détectives en herbe ne peuvent qu’émettre des suppositions sur le parcours de Pierre avant qu’il ne touche Boubon. “Pierre, créole blanc, Français, a passé une partie de sa vie dans la violence des guerres qui secouent les Antilles, et dans celle de l’âge d’or de la flibuste. Ses ancêtres pouvaient être de Dieppe ou de Honfleur. Huguenots, de la côte Atlantique. Quoi qu’il en soit, ils finirent par êtres délogés par les Anglais en 1689 et déportés, familles séparées vers la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Domingue. Peu revinrent. Pierre, lui, traversa l’Atlantique, doubla le cap de Bonne Espérance et remonta vers la côte de Malabar.” A Bourbon, Pierre Noël est soupçonné par Antoine Labbé dit Desforges Boucher, gouverneur de Bourbon de 1702 à 1709, “d’avoir détourné, aux dépens de la colonie, la ceinture remplie de sequins vénitiens de Pitre Nape, autre flibustier installé chez lui, dont il hérite. Il demandera, sans succès, à rejoindre Pondichéry. Mais, pour lui, il est trop tard pour les départs. Pierre mourra à Bourbon.” C’est finalement par les liens du mariage que s’établira le rapprochement entre Pierre et George Noël. “Quelques années plus tard, Georges, fils de George épousera Thérèse, fille de Pierre. Ils avaient exactement le même âge, bien assortis. Ils vécurent à Saint-Paul où ils ne firent pas parler d’eux”, confirment Sabine et Laurence_

Pour plus d’informations : http://georgesnoel.wordpress.com_

De Saint-Paul à l’Etang du Gol_Sabine et Laurence se retrouvent en terrain solide dès que George arrive en vue de Bourbon. “On sait juste, qu’il mit pied à terre à l’île Bourbon avec le Captain Bowen et une quarantaine d’hommes en avril 1704, après qu’ils se soient assurés la protection des habitants à force de présents.” Après s’être converti en août 1704, il se marie le 9 septembre de la même année. “George épouse en l’église paroissiale du quartier Saint-Paul, Catherine Royer, fille de Guy Royer dit l’Eveillé et de Catherine Bellon. Catherine Royer, créole blanche, fort belle femme, qui est à la vérité une franche pécore, est sans éducation ; mais dont personne n’a jamais blâmé la conduite”, décrit Boucher. “Catherine , le 23 août 1704, a reçu de sa grand-mère Antoinette Arnaud une petite terre à la Montagne, pour préparer son futur mariage. Elle est d’une fratrie de neuf filles. Son père est natif de Paris et est un des premiers colons de l’île Bourbon. Sa mère est créole. Ses grands-parents maternels viennent de Lyon et sont probablement arrivés dès 1665, avec la Flotte de Beausse ou en 1667 avec la Flotte de Montdevergue.” Sabine et Laurence retrouvent la trace de George dans le recensement de 1709. “La case de George Noël porte le n°16 sur le plan d’Eugène de Champion au lieu-dit Les Sables, en baie de Saint-Paul. Cette propriété venait d’un double échange effectué le 23 août et le 11 septembre 1704.” En 1709, George Noël n’avait encore que “60 cabris, 14 moutons et quelques volailles”. “C’est donc probablement là, dans une jolie case de bois rond que vont naître les enfants de George et de Catherine. Marianne le 28 juin 1707 ; Jacques le 8 juillet 1709 ; Georges le 11 août 1711 et enfin Louis le 28 août 1714.” En 1720, les Noël mettent cap au sud. Un document d’époque atteste que “le 17 mars 1720, George Noël obtient avec son beau-frère Simon Deveau (le mari d’Anne Royer, soeur de Catherine), une concession dans le quartier de l’étang du Gol”. Les investigations de Sabine et Laurence ne les ont pas pour l’instant menées plus loin. L’une comme l’autre sont pourtant bien décidées à continuer. Affaire à suivre.

NB : Clicanoo  ayant revu son site en ligne, il devient impossible de remettre les liens vers les articles .