Lexique:{petit dictionnaire à usage particulier}

Sabine  NOËL.

ALOES  (Aloe) : plante aux vertus magiques, trés répandue à Madagascar.

« errant des vétivers aux aloès fleuris                    
le cardinal, vêtu de sa plume écarlate
En leurs nids cotoneux
trouble les colibris « 
Leconte de Lisle
en savoir plus : Pierre BOITEAU
& içi aussi

ARMOISINE : de l’italien « armesino » venant des armoieries apposées sur les emballages des étoffes. Utilisée comme doublure, de toutes couleurs.

ARPENTEUR : ancêtre du géomètre, profession très répandue et importante sous l’ancien régime qui consistait à mesurer les « arpents » (ou étendues de terres, du terme gaulois arepenn, signifiant portée de flèche). Les mesures de l’arpent variaient suivant les régions. On exigeait de l’arpenteur une moralité irréprochable. « Depuis 1575 et un édit royal d’Henri III, l’arpenteur détient un office dont la création est une prérogative régalienne : on parle dès lors souvent d’arpenteur juré. A partir de 1702, les titulaires portent le titre « d’arpenteur, priseur et mesureur de terres » et peuvent ajouter « royal » à cette nomenclature. » (Touzery, Mireille, article « Arpenteur », in : Dictionnaire de l’Ancien Régime. Bély, Lucien (dir.). – Paris : PUF, 1996.
Contrairement à la métropole, le terme d’arpenteur a été conservé très longtemps à La Réunion, y compris au 20e siècle. On utilise toujours ce terme aujourd’hui au Québec, à la suite de Samuel de Champlain qui le premier « arpenta » les terres de la Nouvelle France.

AULNE : ancienne mesure de longueur d’environ 1,18m qui servait à mesurer les étoffes.

La mesure d’au(l)ne varie suivant les régions. On peut estimer qu’il fallait 2 aulnes pour faire un drap. « Au bout de l’aune, faut le drap », expression ancienne qui signifiait que toute chose a sa fin ( in : Littré).

BAN :  » est une proclamation solennelle de quelque chose que ce soit. »
BANNISSEMENT : « exil ordonné par un jugement en matière criminelle contre un accusé convaincu. » DIDEROT, Encyclopédie, vol.2.

« Bannissement à temps ou à vie, peine à laquelle on condamne les
délinquants, ou ceux qu’on veut faire passer pour tels. 
On bannissait, il n’y a pas bien longtemps, du ressort de la
juridiction, un petit voleur, un petit faussaire, un coupable de voie de fait.
Le résultat était qu’il devenait grand voleur, grand faussaire, et meurtrier
dans une autre juridiction. C’est comme si nous jetions dans les champs de nos
voisins les pierres qui nous incommoderaient dans les nôtres."
VOLTAIRE, in Dictionnaire philosophique.
RAPPEL de BAN : "si le jugement est rendu en dernier ressort, on peut encore en
empêcher l'effet,en obtenant des lettres d'abolition qui éteignent la peine
liée au crime, ou en obtenant des lettres de rappel de BanDIDEROT, Encyclopédie, titre 16.

BARACHOIS : petite crique. du basque "barratxoa", la "petite barre". Le terme est employé aussi au Canada et à St Pierre-et-Miquelon.

BOIS : à la Réunion, il en existe plus d’un : bois de « rose » , « blanc », de « Mamz’elle » ou de « maman », « puant », « de lait », « de natte », « de fer » etc…..Vous en découvrirez d’autres encore in : Encyclopédie online de  la flore à La Réunion. (qui a disparu en ce moment du Web).
Nous aimons donc depuis :  Mi aime-a-ou

Bois de fer (Gualacum officinale)

BRAIES : culotte ou pantalon, il nous vient de nos ancêtres, ces gaulois, qui l’affectionnait plutôt long. En Bretagne, l’appellation restera pour le pantalon -costume régional des hommes, bouffant et court.

CANJÉ : du tamoul Kanji, eau de cuisson du riz.
 » c’est un bouillon d’eau de pluie et de riz seulement  » D.Challe.
(en savoir plus : Valence, Françoise de. – Médecins de fortune et d’infortune… in Bibliothèque)

CHÉRON D’INCARVILLE (R.P) : père missionnaire et seul botaniste de la « mission Chine », voyagea sur la « Danaée » (1721-1722). A acclimaté les plantes occidentales dans les jardins royaux de Pékin et fait connaître en Europe les plantes chinoises. Prit le temps, en parfait entomologiste de décrire les « petites femmes » de Bourbon.

CIRSAKAS : étoffe luxueuse, de cérémonie, de soie rayée d’or et d’argent.

Curé Jean Lafosse :

Le Gol.pgJean Lafosse est né le 2 octobre 1745 à Paris, dans la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs. Après ses études, il s’engage en 1762 chez les missionnaires lazaristes, pour y faire son noviciat. Ordonné prête, il reste à Paris jusqu’en 1772, année ou le vaisseau  » le Choisseul  » le débarque à Bourbon.

en savoir plus :
Prudhomme, Claude. Histoire religieuse de la Réunion, 1984.

se promener avec Régine


ean Lafosse est né le 2 octobre 1745 à Paris, dans la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs.
Après ses études, il s’engage en 1762 chez les missionnaires lazaristes, pour y faire son
noviciat. Ordonné prête, il reste à Paris jusqu’en 1772, année ou le vaisseau  » le Choisseul  » le
débarque à BourbonJean Lafosse est né le 2 octobre 1745 à Paris, dans la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs. Après ses études, il s’engage en 1762 chez les missionnaires lazaristes, pour y faire son noviciat. Ordonné prête, il reste à Paris jusqu’en 1772, année ou le vaisseau  » le Choisseul  » le débarque à Bourbon.de Claude Prudhomme

Dodo : oiseau étrange, lourd et laid de la famille des Raphidae (Raphus cucullatus, Linné). Cette espèce endémique des Mascareignes comprend le dodo de Maurice, le « dodo blanc »de Bourbon et le « solitaire » de Rodrigue. « La légèreté et l’activité sont des attributs propres aux oiseaux, mais le dronte ne saurait prétendre à l’un de ces caractères. Il pourrait en fait être pris pour une tortue couverte de plumes (…) Bufffon, (in : « Histoire naturelle »). Le dodo disparut dés 1680 du fait de l’appétit stupide des marins, de la déforestation et de  l’introduction des rats sur les îles désertes (l’animal ne pondait qu’un oeuf par année). Depuis, il ne cessera d’intriguer les savants naturalistes, Alice aux Pays des merveilles, mes fils  et les écologistes.

en savoir plus : Anwar Janoo, laboratoire de paléontologie, Museum d’Histoire Naturelle, Paris.

Escadre de Beausse :

« Les préparatifs de l’expédition se firent à Brest ou s’étaient rendus en armement, du Havre, de La Rochelle et de St Malo quatre vaisseaux de l’ancienne compagnie : 1° le Saint Paul, frégate de 32 canons, commandée par M Véron d’Oléron, qui prenaient à son bord MM de Beausse, Souchu ,Cuveron  missionnaire etc.
2°    ……….

en savoir plus :

« Les origines de l’ile Bourbon et de la colonisation française à Madagascar : d’après des documents inédits tirés des Archives coloniales du Ministère de la Marine et des colonies, etc.   » Nouv. éd. refondue et précédée d’une introd. de l’auteur / par M. I. Guët .C. Bayle (Paris), 1888
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34138601n/description

FLIBUSTIER :

pavillon noir

Aventurier des mers ,  pirate de l’Océan indien

1°) ‘je n’avais que voyages en tête« 
Raveneau de Lussan

in : « Journal du voyage fait à la mer du Sud avec les flibustiers de l’amerique en 1684″

2°) « On ne sait pas d’où vient le nom de flibustiers, et cependant la génération passée vient de nous raconter les prodiges que ces flibustiers ont faits nous en parlons tous les jours; nous y touchons. Qu’on cherche après cela des origines et des étymologies; et si l’on croit en trouver, qu’on s’en défie. » (…)

« Quand les flibustiers avaient fait un gros butin, ils en achetaient un petit vaisseau et du canon. Une course heureuse en produisait vingt autres. S’ils étaient au nombre de cent, on les croyait mille. Il était difficile de leur échapper, encore plus de les suivre. C’étaient des oiseaux de proie qui fondaient de tous côtés, et qui se retiraient dans des lieux inaccessibles (…)

« (…)Ce qui rendit tous leurs exploits inutiles, c’est qu’ils prodiguèrent en débauches aussi folles que monstrueuses tout ce qu’ils avaient acquis par la rapine et par le meurtre. Enfin il ne reste plus d’eux que leur nom, et encore à peine. Tels furent les flibustiers. »£

Voltaire,  in : « Dictionnaire philosophique portatif »  Paris, nouv.  ed. 1764.

en savoir plus :
Le diable volant

FRERES DE LA CÔTE : successivement ou en même temps, corsaires, (activité légale en temps de guerre), forbans ( en temps de paix), boucaniers (coureur des bois, qui grille sa viande à la manière des indiens sur un boucan). Huguenots français ou « Gueux de la mer » Hollandais ou « dissenters » anglais et écossais, ils partagent une vie solidaire, démocratique et libre.  Fiers, inquiets et parfois cruels, leurs utopies sont à l’aune des injustices de leur temps.

 

GAULETTE : unité de mesure agraire utilisée à La Réunion, dés 1710, permettant de mesurer longueurs et superficies. La gaulette carrée vaut à peu prés 25 m2 L’ordonnance de 1821 tentera de l’interdire pour imposer le système métrique, mais demeurera sans effet jusqu’à la fin du 20e siècle.

En savoir plus : Thése de Y.Slim, « Les Spécificités du bornage à l’île de La Réunion et leurs origines. » Op.cit. in : Bibliothèque.

GUINEES : étoffes rugueuses de fibres végétales, un peu comme le jute. Pour les Compagnies des Indes, toiles blanches ou indigos, souvent à larges rayures, fabriquées en particulier à Pondichéry, indispensables comme monnaie de traite. S’emploie presque toujours au pluriel.

GUINGAN : étoffe de coton, à carreaux. venant d’Inde, pouvait être de coton mêlé de soie.

LIBRES DE COULEUR :

 MARC libre 1813

les libres de couleur, avant l’abolition, sont les affranchis et les descendants d’affranchis. Ils n’ont pas de patronyme. Ils peuvent être désignés par leur prénom, suivi du prénom de leur mère, (pour la deuxième génération) ce qui donne :  » Julie, libre » ou bien « le dénommé,  Louis de Julie » .
en savoir plus :
G GAUVIN

MONITOIRE :( droit ancien Régime) appel à témoins lancés par les curés, sur demande du procureur.
« Quand le monitoire a été publié, ceux qui en ont connoissance du fait doivent le révéler, autrement ils sont excommuniés par le seul fait .Il en faut excepter ceux qui ne peuvent pas rendre témoignage , comme les parents jusqu ‘au quatrième degré inclusivement ». DIDEROT (Encyclopédie)

en savoir plus : Fabrice VIGIER , « Le recours aux monitoires ecclésiastiques dans le Centre-Ouest français au siècle des Lumières », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » [En ligne] , Hors-série | 2001 , mis en ligne le 31 mai 2007, Consulté le 13 mars 2011. URL : http://rhei.revues.org/index459.html

PECORE. Le terme semble n’être que féminin et désigne une femme sotte et stupide, qui n’a point d’esprit. Varia : paysanne, sans éducation.(in Furetière, 1690).
On retrouve cet adjectif chez La fontaine et Molière.

PERIER DE SALVERT, Estienne (1687-1766) : dans la famille PER(R)IER, c’est le fils du capitaine de vaisseau, anobli en 1726, qui rajouta donc de SALVERT au patronyme initial. Lui et son frère feront carrière aussi dans la marine avec des débuts auprès de Dugay-Trouin et de Forbin. Estienne né au Havre, commença à naviguer à 8 ans. On le retrouve plus tard commandant en second de « L’Achille » de la Cie des Indes et fort remarqué lors de la prise du Fort d’Arguin contre les Hollandais.

PLACET : du verbe latin : placere,  signifie « il plaît ». il  s’agit d’une demande écrite pour obtenir une faveur. Adressée aux personnes puissantes, magistrats ou grands commis de l’Etat pour obtenir grâce, justice ou faveur.

PORT PERMIS : Avantage accordé aux officiers et hommes d’équipages de transporter  des marchandises leur permettant de commercer pour leur propre compte. Le port-permis constituait une ressource complémentaire non négligeable aux maigres salaires des marins ; Il pouvait rapporter quatre fois la somme investie.

PRESSE : système Anglais puis Français qui consiste à rafler en mer ou à terre des équipages ensuite enrôlés de force.


QUARTIER :

 » Jusqu’à l’époque de la révolution, et même postérieurement, la colonie était divisée en quartiers et en paroisses. Le quartier, qui était une délimitation militaire et prescrite en quelque sorte par les besoins du service de la milice, représentait presque complètement ce que, sous le rapport judiciaire, on comprend aujourd’hui sous le nom de canton. »
In : Delabarre de Nanteuil, 2 ème éd. rev. et corr., 1862. t 5. p 119.

RECOLEMENT : inventaire des collections dont raffolent les bibliothécaires.

RECOLEMENT DES TEMOINS : en justice, action d’entendre pour la deuxième fois les témoins, toujours dans le secret et en tête à tête avec l’instructeur.

SELLETTE : petit tabouret de bois, fort bas où était installé l’accusé, de façon humiliante, lors de son dernier interrogatoire. Il induisait qu’une peine afflictive en découlerait. D’ ou l’expression : « être mis sur la sellette ». Cette mise en scène fut supprimée en 1788, dans un ultime et bientôt inutile sursaut réformateur de la justice de l’Ancien Régime.


STINKERGUE : cravates ou mouchoirs de cou, ainsi dénommés d’après Voltaire en hommage à ceux des vainqueurs de la bataille de la ville éponyme. Précieux mouchoirs en coton ou mousseline ou plumetis. Les plus luxueux sont tissés d’or et d’argent.

36 mois : engagés pour 3 ans sans salaire en échange du paiement de leur voyage. Leur vie est proche de la servitude car les colons pouvaient disposer d’eux totalement à leur gré. Lire Exquemelin à leur sujet. (cf. Bibliothèque).

 

Sabine Noël

© Sabine NOËL. TEXTES ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES