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Marianne NOËL (1707-1769) (1.1)

Marianne n’a pas reçu l’éducation de ses frères Jacques, Georges et Louis. Comme la majorité des femmes à Bourbon, comme sa mère, elle ne sait ni lire ni écrire. Même si Antoine Boucher écrivait que son père George Noël prenait : «  grand soin de sa famille, et de ses noirs, qu’il conduit d’une manière édifiante, et louable. »  et qu’ « Il  a eu de son mariage une fille qui est encore fort jeune, à laquelle il donnera sans doute une bonne éducation ».

Marianne  a 18 ans, lorsque son mari est arrêté.
Elle est mineure et donc incapable juridique. Elle est confiée à ses parents.
Le jugement de janvier 1727, stipule que les biens d’Isaac Jean reviennent à sa fille Marie et l’usufruit à sa femme Marianne à la charge pour elle de payer les dettes contractées par son mari et en cas de refus, « le dit Isaac Jean Rodié de lavergne gardera les prisons jusqu’au prochain départ des plus proches vaisseaux pour la France . »

On lui offre la possibilité de « libérer » son mari à condition de régler ses dettes. Manifestement elle n’y arrive pas. Et c’est une seconde  procédure qui est mise en oeuvre.
Curieusement, alors qu’elle ne peut ester en justice, elle va accomplir différents actes de sa seule autorité. Le 14 janvier 1727, elle demande la séparation de corps et de biens d’avec son époux. Requête étrange, car le jugement l’induisait d’office. Lui a-t-on conseillé cette demande ? Son mari l’accepte. L‘effet est immédiat. Il est aussitôt libéré, « de ce jour d’huy » .

Les époux, ne tiendront pas leur engagement d’être « séparés de corps et d’habitation ».
Jean-Jacques, leur fils, naîtra  un peu moins de neuf mois plus tard. Il portera le prénom de son père et celui de son oncle, Jacques.
Dès son arrivée à Lorient, Isaac Jean réfutera cette séparation de corps et de biens.
Marianne, quinze jours après le départ forcé de son mari  se voit obligé de vendre quelques biens. Elle acte seule, une vente de 28 pieux de bois écarri à Marie Anne Fontaine, payable en quatre tems et « dés que possible ».  Seulement, elle ne donnera quittance du paiement de ces pieux, revendus par la Dame Fontaine à Pierre Benoît Dumas qu’en 1731. En octobre 1727, le Conseil supérieur lui réclame le paiement de cette meule de foins perdue et retenue sur la solde d’un soldat par le lieutenant de Lavergne . Le soldat Caton a t il ainsi touché le prix d’un témoignage à charge ?

Marianne se retrouve bien seule et sans doute bien démunie avec ses deux bébés. A-t-elle l’espoir de revoir son mari ?  Refuse t-elle de retourner chez ses parents ?
Elle n’apparaît pas sur les recensements de George & Catherine ni en 1731, ni en 1733.

Elle attendra son mari cinq ans .

Plus tard, elle ne sera jamais présente et se fera toujours représenter dans les circonstances qui l’amèneraient à rencontrer sa mère, comme en 1740 (Partage à l’amiable …) ou en 1763.

Officiellement, Il lui faudra attendre l’année 1734, pour qu’un arrêt spécifique du Conseil supérieur de la colonie « l’autorise en justice à la poursuite de ses droits et actions. »  Cette formule  précédée de l’explication juridique suivante : «  Marianne Noël, épouse du sieur Isaac Jean Rodiér de Lavergne »,  «  banni de la colonie » ou ensuite, au fil du temps, « absent de cette isle depuis plus d’un an »« depuis plus de sept ans », « depuis de nombreuses années » l’accompagnera dans chacun de ses actes notariés, pratiquement toute sa vie.

Il lui faudra attendre bien des années encore pour que à un âge avancé  et sans doute à force de détermination, elle apprenne enfin à signer.

Sabine NOËL

Remerciements à Bénédicte pour sa complicité .
Recherches aux ADR avec un de nos cousins descendant par alliance de Marieanne.

© Sabine NOËL  TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG


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