« Il y eut des marrons, dés qu’il y eut des esclaves. »

Victor Schoelcher

Nous l’avons vu, à Bourbon, la justice de l’ancien régime est expéditive.

Depuis une ordonnance du conseil supérieur de 1725, les marrons (1) qui refusent de se rendre sont condamnés à mort.

Ceux qui refusent leur sort et s’enfuient, la plupart du temps dans les hauts inaccessibles, risquent leur vie. Ils constituent une menace pour le système colonial.

Les punitions  sont donc  exemplaires.

Ainsi, ce jugement qui va frapper deux esclaves  marrons  de Juan Fernandez Cazanove en 1728.

L’un sera condamné à être pendu, l’autre frappé de coups de fouet et marqué de la fleur de lys.

Le fleurdelysage, est une peine corporelle infâmante de l’ancien régime qui frappe aussi dans l’hexagone, d’autres criminels, comme les prostituées (ou de la lettre P ou des deux ). La Lettre G marque les galériens. Le M les maquerelles et les mendiants. Il s’agit non seulement, içi et là, d’humilier  les délinquants mais d’inscrire au fer rouge leur casier judiciaire à jamais. Le Code noir l’inscrit dans son article 6.

Juan Fernandez Cazanove, (que nous retrouverons plus tard)  associé à d’autres colons s’est installé en mars  1728 entre le Bras de la plaine et le Bras de Pontho. Michel et Manuel n’ont sans doute pas  résisté à l’appel de l’immense forêt primaire qui constitue alors le paysage grandiose du lieu.

La peine de mort pour marronnage sera supprimée en 1775.

Le 10 mai, est la journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs  abolitions.

Sabine NOËL

Addenda : la peine de mort contre Michel sera commuée en celle  « d’exécuteur des sentences criminelles qu’il a acceptée à condition qu’il ne retournera plus au marronage ».

(1) Le mot vient de l’amérindien « cimarron »,  s’enfuir, s’échapper, retourner à l’état sauvage.

Recherches ADR/ JMA

© Sabine NOËL

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