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SEGUY d’OLIVIER x NOËL
RICQUEBOURG x MACÉ
Le 5 janvier 1756 et le 23 sept 1757, par devant le notaire Pierre Dejean, résidant au quartier St Paul,
*Bertrand Seguy d’Olivier et Jean Hoarau pour Marie Catherine NOËL (1-3 a1)
*Hyacinthe Ricquebourg pour son fils mineur Joseph et Jean Mathurin Macé pour sa fille mineure Marie Heleine Macé vont signer un contrat de mariage .


LES PARTIES
Pour l’acte du 5 janvier 1756, nous avons Bertrand Seguy d’Olivier, chirurgien major de la Cie des Indes, 33 ans demeurant au quartier St Paul. Ses père et mère François Seguy d’Olivier et dame Catherine Garriner demeurent en la ville de Montrejeau, diocèse de Comminges en Gascogne. Le futur époux déclare qu’ils ont donné leur accord ( de toute façon qui pourrait le vérifier ?)
Jean Hoarau,(1706-1782), habitant St Paul, en qualité de tuteur de la future épouse Marie Catherine NOËL (1736-1800) car les père et mère de celle ci, à savoir Georges (1-3) et Thérèse Noël sont morts en 1741 pour elle et 1755 pour lui. Il est l’oncle maternel de Marie Catherine car il a épousé Marie NOËL(1706-1792), soeur de Thérèse. Ainsi que nous l’avons vu, Georges Noël et Thérèse Noël ont réunis par leur mariage les deux lignées de Noël arrivées dans l’île Bourbon. Marie Catherine est la petite fille de George Noël et de Catherine Royer et la soeur de Georges Henry, l’arpenteur, mais aussi la nièce de Louis Noël, la cousine germaine de louis Noël-Lamarre, Jean Jacques Cazanove, Marie Rodier de Lavergne, Marie Françoise Lépinay(mère de Gilles Payet). Toute cette énumération pour montrer la proximité familiale de nos ancêtres pour parvenir à retrouver ceux qui gravitaient autour d’eux et n’avaient pas d’identité, soient leurs esclaves. Car ainsi que nous l’ avons vu, si Gilles Payet a eu 2 enfants Marc et Delphine avec l’esclave Olivette, celle ci était dans la propriété de son oncle, Julien Hyacinthe Olivier Payet et susceptible d’y être née !
Pour le mariage du 23 septembre 1757, nous avons d’ une part :
*le sieur Hyacinthe RICQUEBOURG, gens d’arme, demeurant au quartier St Paul, et stipulant pour son fils mineur de 24 ans , Joseph RICQUEBOURG, aussi gens d’ arme et qui demeure avec lui.
D’ autre part:
*le sieur Jean Mathurin MACÉ aussi gens d’ arme, et son épouse Marianne BAILLIF, stipulant pour leur fille de 18 ans, Marie Héleine MACÉ .
Nous voyons donc trois gens d’ arme à cet acte ! Notons qu’ à l’ époque il s’agissait de la police militaire. Nous remarquons que l’ identité de la mère du futur époux n’ est pas mentionnée ce qui est inhabituel . Il est vraisemblable que le notaire n’ avait pas posé de questions sur celle ci alors que Hyacinthe RICQUEBOURG était veuf à deux reprises soit de Elizabeth HIBON (mère de Joseph) et de Suzanne BACHELIER.
LES BIENS
Les parties vont soumettre leur future communauté de biens à ce qui était la loi de Bourbon, soit la coutume de Paris. La coutume de Paris sera d’ ailleurs reprise dans la plus part de ses éléments par le code civil.
Mais avant d’ en venir à ce qui composera la future communauté, il faut inventorier les biens possédés et leur donner destination.

Pour Marie Catherine NOËL, l’orpheline de père et mère,
«ses biens meubles se montent suivant les inventaires qui ont été faits après leur décès, à la somme de sept mille cent quarante neuf livres, dix sols, cinq deniers déduction faite de la somme de mille cent soixante dix livres, quinze sols, sept deniers que la delle future épouse doit pour sa moitié des dettes passives portées au grand inventaire fait le 19 avril 1751 et le 1er octobre 1755 ; quant aux immeubles le montant ne peut ici être constaté attendu que le partage n’ a pas encore été fait » «  desquels biens meubles se montant à la somme de 7149 livres, 10 sols, 5 deniers i compris le nombre de 18 esclaves masles et femelles, grands et petits »
Aussi, à défaut des deux inventaires, nous ne pouvons connaître les caractéristiques de ces 18 esclaves qui ont été inventoriés et prisés afin que la succession soit évaluée .
Puis le notaire énonce, tout comme il le fera pour Marie Heleine Macé, que seul le premier tiers des biens de la future épouse entrera en communauté, les deux tiers restant des biens propres ainsi «que ceux qui pendant le mariage lui adviendra et échéra par succession, legs ou autrement tant meubles qu’immeubles suivant la coutume de Paris»

Pour Marie Heleine Macé si un tiers de ses biens entreront en communauté comme pour Marie Catherine, les biens mentionnés sont d’ origine différente. Tout d’ abord, elle reçoit en avancement d’ hoierie de la part de ses parents :
* un terrain de 10 gaulettes, situé à la Montagne de St Paul, borné d’ un côté par les héritiers de Pierre MUSSARD et de l’ autre par Noël HOARAU, à monter jusqu’ au sommet de la montagne.
*des effets des mobiliers cy après à savoir
– 3 esclaves dont 2 masles et 1 femelle et ont les noms pour CUPIDON, malgache, agé d’ environ 23 ans;BAZILE créole agé d’ environ 16 ans et GERTRUDE créole agée d’ environ 18 ans
– en plus la somme de 200 piastres savoir 100 en pièces d’ espagne et 100 piastres en billets de caisse .

Mais la delle Macé avait d’ ores et déja des biens qui lui appartenaient en propre soit:

"une négresse malabare nommée FELICITE, agée d’ environ 12 ans et 12 tant bœufs que vaches qui sont dans le troupeau de ses père et mère marqués à la marque de la delle future épouse lesquels biens meubles proviennent d’ une donation faite par le testament du défunt Jacques Macé son grand oncle ."
(comme au Far West les troupeaux étaient marqués, renseignement non dénué d’ intérêt, à quand un western historique ?)
Voila donc ce qu’apportent les futures épouses. On ne peut que constater qu’elles avaient de quoi s’établir, terres, esclaves et argent . En ce qui concerne les futurs époux :
SEGUY d’ OLIVIER  apporte la somme de 600 piastres d’ espagne à titre de douaire préfixe et donnée en usufruit ;
Joseph RICQUEBOURG, lui apporte ce qu’il a  reçu en avancement d’ hoirie, soit " les noirs cy après : ANDRE,30 ans, MARIE 20 ans sa femme, tous deux créoles de cette isle, OLIVE agée de 5 ans,créole enfant des dits ANDRE et MARIE, BAPTISTE aussi créole agé de 25 ans et THOMAS aussi créole agé de 12 ans, plus 100 piastres en billets de caisse, un lit garny d’ un matelas, draps de lit, couverture et oreillers." Joseph RICQUEBOURG donne pour sa part en douaire préfixe la somme de 500 piastres.
Il existe donc une nette différence entre les deux futurs époux, sans doute due au fait que les biens familiaux de SEGUY se trouvaient en Gascogne et non à Bourbon.
Les témoins à ces deux actes sont :
Pour le contrat SEGUY/NOËL  : François  LELIEVRE, bourgeois de cette île ; Jean Baptiste  AUBER du CHATEAU, officier de bourgeoisie.
Pour le contrat RICQUEBOURG/MACÉ :Jean Antoine  DAIN et Bertrand d’OLIVIER (notre 1er futur époux), tous  deux anciens chirurgiens major de la Cie des Indes ;
Vont signer au 1er contrat  SEGUY d’ OLIVIER et Marie Catherine NOËL ainsi que J. HOARAU et J. HOARAU L’ETANG , J. LORET et AUBER DU CHATEAU, François LELIEVRE fils outre le notaire DEJEAN .
Au 2 ème contrat signent  Mathurin MACÉ, Joseph RICQUEBOURG et DE RICQUEBOURG ainsi que MH MACE, d’OLIVIER et DAIN ainsi que HIBON DEJEAN et un autre DEJEAN. Seule Marianne BAILLIF a déclaré ne pas savoir le faire.
Une curiosité juridique, il y a plus de signatures que de personnes présentes à l’ acte ! aucune mention n’ est faite dans les actes de J LORET,J HOARAU L’ ETANG ?
Mais ces deux contrats révèlent la proximité sociale, des chirurgiens de la Cie des Indes  et des bourgeois au sens propre du terme. Cette proximité se poursuivra lors du contrat de ratification du 27 octobre 1766 (?) effectuée par dame Catherine  Noël puisque nous y retrouverons à titre de témoins, Antoine LELIEVRE fils, officier du port et Gilles Gildas BOUVRON, maitre canonnier .
Dame Catherine Noël après lecture faite du contrat  "  l’ a eu pour agréable et par conséquent l’ a ratifié, approuvé et confirmé de telle sorte qu’il porte son plain et entier effet "


Mais le plus remarquable de modernité est la signature de Marie Catherine  Noël ! dans le contrat de mariage, elle y signe "Marie Catherine NOËL" et dans l’ acte de ratification, quelques années plus tard  "NOËL D’OLIVIER" elle n’ a pas perdu son nom comme certaines nouvelles épouses s’ y croient obligées ENCORE aujourd’hui, elle a seulement accolé le nom de son époux au sien.


Si l’on pense au statut d’infériorité juridique qui était celui des femmes autrefois (incapacité totale), on se dit que, sur le statut du nom de la femme mariée, nos grand mères étaient plus en avance que la majorité des femmes actuelles. Sur ce point et bien d’ autres, nous n’ avons pas du tout progressé.

Laurence NOËL

NOTER: ces deux contrats pour avoir été rédigés par le même notaire ont des caractéristiques identiques dans leur formulation.Pour les chercheurs il y a intérêt à comparer plusieurs actes du même rédacteur en cas de mots ou paragraphes illisibles ou incompréhensibles.

© S & L NOËL
TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG

 

 

Saint-Denis, Ile de la Réunion, hiver austral 2010,

Dear George,

J’ai l’habitude,en fin de semaine, de consacrer mon week-end à visionner des films sur un thème choisi d’avance.Ce week-end, mon choix s’est porté sur les flibustiers ou autres pirates des seizième et dix-septième siècles et hier soir,dimanche, le cerveau suralimenté par tout ce que j’avais vu, vous m’êtes apparu durant mon sommeil! Oh! je n’ai eu aucun mal à vous reconnaître! Vous étiez bien tel que je vous avais imaginé:un George Noël athlétique, blond tirant un peu sur le roux, portant moustaches, une "bouffarde" à la bouche, bref très "british". Vous étiez revêtu d’une cape sous laquelle se devinait le bout d’une rapière et coiffé, suivant la mode de l’époque, d’un tricorne! Aucun doute, j’avais bien la certitude d’avoir devant les yeux le compagnon de John Bowen! Je ne me hasarderai pas plus loin dans ma description car personne, hormis Laurence et Sabine ne saurait être à même d’ en être capable. N’ont-elles pas décrit une grande partie de ce qui vous entoure comme de ce qui vous appartient avec un style et une précision qui forcent l’admiration et le respect devant le travail accompli! Et, petit à petit,sans nul doute,elles parviendront à vous ressusciter! Que de chemin parcouru par ces deux "investigatrices" en une année: toute idée, comme toute hypothèse a été minutieusement étudiée,tel coin susceptible de vous avoir été cher à Bourbon a été exploré et ce n’est pas fini! Le sujet le plus anodin vous concernant est passé à la loupe et les recherches vont se poursuivre jusqu’à ce que nous sachions tout de vous! Déjà la moisson récoltée en une année est abondante:les sujets sont variés et chacun d’entre eux suscite de l’intérêt. J’avoue cependant avoir une légère préférence pour deux articles : "A ma très chère grand-mère Delphine" où l’on constate que Laurence y a mis toute sa sensibilité et "Au fil des jours" que je relis avec plaisir rien que pour la façon magistrale dont cet article a été présenté par Sabine. En conclusion, tout ce qui a été rédigé durant cette année est intéressant et, personnellement, j’étais loin de me douter, il y a maintenant deux ans, que j’aurais l’honneur d’apporter ma modeste contribution à ce blog.

Dear George, comme vous le savez, je possède, par alliance, un lien de descendance avec vous puisque mon épouse descend directement de Marianne, votre fille aînée. Vous avez donc  bien voulu m’en dire un peu plus sur elle car c’est un sujet auquel tous ses descendants tiennent à coeur. J’ai constaté d’ailleurs que lorsque je vous ai posé cette question, votre visage s’est  illuminé de plaisir puis, attentif je vous ai entendu me dire:


« Je comprends que vous vous intéressiez à la vie de ma fille Marianne! Cette dernière a joué de malchance puisque, mariée à Isaac Jean Rodier de Lavergne qui fut banni de l’île, elle se retrouva seule avec deux enfants. De méchantes langues ont dit d’elle qu’étant jeune et galante, il lui serait très aisé de refaire sa vie! Or, en cette année de grâce 1718 débarqua à Bourbon un sujet espagnol,plus exactement un Canarien de Ténériffe, el Señor Juan Fernandez Casanova! Dans quelles circonstances a-t-il mis les pieds à Bourbon? Je n’en ai plus souvenance, mais je ne pense pas qu’il ait débarqué d’un "forban" comme tant d’autres dont votre serviteur. Par contre il avait du être marin car il avait des dons pour naviguer et à Saint-Paul a exercé le métier de bateleur. Aux îles Canaries, qui étaient à l’époque un carrefour maritime, il avait entendu moult récits de marins qui hantaient les tavernes et autres tripots de Ténériffe, et était au courant des différents évènements qui se déroulaient dans les mers des Indes orientales et occidentales. Je ne saurais dire s’il avait fréquenté les Antilles mais il parlait souvent de lieux connus où s’étaient déroulés de durs combats avec l’ " anglois" tels que Basse-Terre ou l’Anse à la Barque. Ceci dit, Juan Fernandez Casanova était un homme affable, parfois exubérant comme la plupart des gens de sa race, bon travailleur sachant s’adapter à divers métiers. Si je vous parle de cet homme,c’est que ma fille Marianne trouva en lui le soutien dont elle avait besoin et ce fut grâce à Marianne Noël que Juan Fernandez Casanova eut une nombreuse descendance qui portera soit le nom de Noël, soit celui de Casanove ou Cazanove. Dans vos recherches,vous avez du, sans doute, trouver des actes notariés où le nom de Casanove est orthographié de trois façons différentes pour le même acte et pour la même personne. Chose étrange: ma fille Marianne, votre ancêtre, naquit le 28 Juin 1707 et je suis sûr que cette date ne vous est pas inconnue puisqu’elle affecte une de ses descendantes qui vous est très proche, hormis l’année, bien sûr ! Voilà tout ce que je voulais vous dire:je vous laisse maintenant poursuivre vos recherches en collaboration avec vos cousines car il vous reste encore un peu de temps, j’espère! Bon courage: je ne vous dis pas "à bientôt" mais "à plus tard».

Dear George, merci de m’avoir livré ces quelques renseignements qui sont pour moi très précieux, car il me faut désormais lutter contre la montre alors que, où vous êtes, il n’y a plus de notion de temps. Déjà l’aurore fait son apparition! Quel jour sommes-nous donc aujourd’hui? C’est lundi, bien sûr, mais cette date ne m’est pas inconnue: 28 Juin…..Tiens! Tiens! Comme c’est bizarre! J’ai deux anniversaires à souhaiter! A très bientôt, cher George, pour une nouvelle conversation.

So long, Dear George,

Tom BREALL

©  texte JMA, 2010

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Découvert dans une boite d’archive, un modèle de réponse subtil, courtois et pourtant administratif !

Le 5 Juillet 1756, à l’ Orient, le sieur G.…….. J

( malgré les siècles nous ne donnons pas dans l’ indiscrétion) écrit :

"Madame,
Rien ne me serait plus agréable que de déférer à la demande que vous me faites d’une place d’ écrivain dans nos bureaux ou bien nos vaisseaux, en faveur d’ un jeune homme auquel vous paraissez vous intéresser particulièrement mais le nombre particulier que j’ ai dans l’ attente de ces sortes de postes étant plus grand qu’il ne me le faut d’ ici à quelques années, il ne m’ est pas possible, madame, de pouvoir vous satisfaire . Je vous supplie d’ être persuadée du regret que j’ en ai autant par rapport aux talens que vous m’ assurez  que possède votre protégé que pour manquer une occasion aussi flatteuse de vous convaincre du respect avec lequel j’ ai l’ honneur d’ être,

Madame
Votre très humble et  très obéissant serviteur

XXX"

Qui était cette solliciteuse, son protégé ? nous n’ en savons rien. Le lien avec Bourbon? ce document se trouve aux ADR, et il s’agit d’une demande pour être  écrivain, éventuellement, à bord d’un vaisseau ….alors imaginons ! Et rêvons à de telles réponses !

Laurence NOËL

©  L NOËL

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