You are currently browsing the monthly archive for novembre 2009.

Le 17 mars 1720, George Noël obtient avec son beau frère Simon Deveau ( le mari d’Anne Royer, sœur de Catherine), une concession dans le quartier de l’étang du Gol.

« Concédé le  19 mars 1720

à Simon Devaux & George Noël

borné par la ravine des chenez et la ravine sêche

depuis le bas jusqu’au sommet de la montagne et par

une ligne droite allant

depuis l’endroit où la

ravine sans nom tombe

jusqu’à la mer. »

« Leur accorder en commun quelqu’autre terrain dans

le quartier de l’étang du Gaule ; nous ayant égard

à la justice de la demande des dits requerants

que nous savons être bons et laborieux habitants

se voulant leur fournir les moyens de faire subsister

leur famille ; avons à ces causes, assemblé et

consulté les sieurs Desforges Boucher, Directeur Gal

du comptoir et lieutenant au gouvernement et Duronguet

letoullec aide major, et Justamond procureur général

du conseil provincial, de leur avis en consentement

pour le bien et l’utilité de la compagnie et de la

colonie ; » (…)« le fond et propriété d’un terrain

actuellement vague et sans culture situé

au quartier de l’étang du gaule, »



(… ) « et à la charge par les dits simon Devaux et

georges noël de payer annuellement au domaine

de la compagnie, par manière de cens pour le

terrain cidesus mentionné, un mouton et deux

coqs d’inde, en deux termes, moitié à pâques

et l’autre moitié à la saint martin d’hiver, et

en outre les droits qui pourront par la dite royale

compagnie, ou en son nom par le conseil

provincial de cette isle, être mis dans la suite sur

les fruits et denrées de commerce qui seront cultivées

sur ledit terrain , supposé qu’elle juge à propos

d’y en imposer »

Le cens est léger, mais la Compagnie se laisse la possibilité d’y revenir. On ne sait jamais !

La concession de George et de Simon est bien entre deux frontières naturelles que constituent les ravines. La veille, le 18 mars, une concession voisine a été concédée à Mathurin Tallec et à Jean Laguery de St Lambert entre la ravine sans nom et la ravine des Caffres. Il s’agit de concessions entrantes par de longs et étroits goulets, ou « rubans » avant de s’évaser par le haut.

Au  delà de cette dite ravine est installé, pour montrer l’exemple, depuis le 25 novembre 1719, le gouverneur Desforges Boucher et sa famille. Il veut dynamiser et favoriser la culture du café, dans le sud de l’île.

« une des meilleures terres de l’île opinait Desforges, qui devait s’en occuper lui même. (…) Desforges avait incliné, dés 1719, que l’on abandonnât à l’initiative privée le soin de mettre en valeur cette partie de l’île, d’autant que tortues, bœufs et chèvres avaient pratiquement disparu de la zone comprise entre le Boucan de Laleu et la Rivière Saint Etienne (…). Les soucis de Desforges-Boucher n’étaient pas pour autant dissipés, car les communications entre l’ouest et le sud s’avéraient difficiles à assurer. (…) Pour atteindre le sud , trois voies étaient possibles : une classique, par mer, avec les aléas qu’elle comporte, les deux autres soit par le littoral soit en prolongeant le chemin de Saint Paul à Saint Gilles-les-hauts. Aucune solution n’était aisée. » Albert Lougon*

Les colons se lancent  vers l’aventure du « pays des vivres », et du  sud. Ce  sera bientôt  l’aventure du café pour George et sa famille. La migration s’annonce pour les Noël vers ce qui deviendra  le quartier Saint Louis, en 1726.

Sabine Noël

A suivre in : "Du battant des lames au sommet des montagnes"

(Remerciements à JP Calteau pour le plan)

*Lougnon, Albert. L’île Bourbon pendant la régence : Desforges-Boucher, les débuts du  café. Th. Doctorat. Larose, 1957.

© S.Noël  TEXTES ET DOCUMENTS SOUMIS A L AUTORISATION DES AUTEURES

En une trentaine d’années et deux mariages, Guy Royer aura à peu prés tous les deux ans, une nouvelle petite fille.

Venu de Paris, soldat de la Compagnie des Indes, son sobriquet laisse entendre, une certaine agilité d’esprit. Et son parcours, une grande résistance physique.
« Guy ROYER, dit "L’Eveillé", était natif de Paris, paroisse Saint-Paul. Né vers 1650, il vint d’abord à Madagascar, comme soldat, si l’on en croit son surnom de "l’Eveillé". Il passa à Bourbon du temps de M. Delahaye, soit en 1671, soit en 1674 après un séjour aux Indes avec le vice-roi.

Vers 1676, Guy Royer se maria avec Françoise Rosaire, ou Des Rosaires, arrivée vraisemblablement de Daman, en mai 1676, avec les rescapés du massacre du Fort-Dauphin.» ( in : Père Barassin).

Avec Françoise, il aura donc trois filles : Jeanne, Louise et Marie.

Veuf, Guy se remarie avec une créole blanche de l’île, Catherine Bellon,

« qui est fort la maîtresse chez elle et même de son mari », (in : A.Boucher, op.cit.) qui lui donnera Anne, Catherine, Raphaëlle, Marianne, Geneviève Jeanne, Elizabeth.

Guy devait être  fort sollicité, les jeunes femmes étant très recherchées à Bourbon. Il accordera la main de quatre de ses filles à des « forbans » : un Hollandais, Gilbert Wilman, deux Anglais George Noël et Thomas Elgar, ensuite à un Picard, Simon Devaux. Ses autres filles épouseront l’une, un Portugais (passé par le Brésil), d’autres des Bretons et la dernière un Marseillais. Les aînées se marieront vers 13, 14 ans et les cadettes plus tard, vers 18 ans. Ce qui est aussi (comme le pourcentage de forbans) assez représentatif des us et coutumes de leur temps et de leur île. Une seule, Louise repartira avec son mari, Manuel de Matte pour les Indes, pays natal de sa mère. Elles auront toutes, sauf Marie, (qui en trois mariages, n’aura pas d’enfant biologique) et  Catherine, (seulement quatre), au moins une dizaine d’enfants, qui connaîtront pour certains leur valeureux  grand-papa, Guy Royer dit l ‘Eveillé.

Sabine Noël

© Sabine NOËL.

TEXTES ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES

Continuer à s’informer :

Non à la privatisation de la mémoire familiale  31 juilet 2010

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/31/non-a-la-privatisation-de-la-memoire-familiale_1394413_3232.html

La réutilisation des données nominatives ? Gare au fichage des individus !

L’Association des archivistes français soulève le problème éthique posé et en appelle au respect des libertés individuelles, mardi 6 juillet 2010 :

http://www.archivistes.org/La-reutilisation-des-donnees

——————————————————————————————————

Vous avez signé la pétition pour la généalogie libre ?

Continuez…….

extr : "Dans le cadre de la réutilisation des archives publiques, il faut distinguer deux cas :

* le cas où les images numériques des archives sont réalisées par les collectivités ; dans ce cas, ces images sont la propriété des archives et celles-ci en définissent les modalités de diffusion et de réutilisation.

* le cas où les images sont effectuées par les généalogistes eux-mêmes lors de leur visite aux archives.Dans ce dernier cas, certaines archives permettent aux généalogistes de rediffuser ces photos à titre non commercial avec la simple obligation de citer la source des documents. D’autres ont changé leur règlement et imposent le paiement d’une somme comprise entre 5 et 20 euros par image !  "

http://appelgenealogielibre.free.fr/

"En novembre dernier, GeneaNet a relayé auprès de ses abonnés l’Appel pour la Généalogie Libre basée sur l’échange et le partage : http://appelgenealogielibre.free.fr

Cet appel a connu un très grand succès : plus de 75 organisations liées à la généalogie et près de 30 000 personnes l’ont signé. Plusieurs élus, de tous bords politiques, ont également accepté de soutenir cet appel (liste consultable sur le site).

Parallèlement, le ministre de la Culture et de la Communication a répondu favorablement à certaines de nos interrogations, relayées par le président de la Fédération Française de Généalogie (FFG) lors du dernier Conseil supérieur des Archives.

Il reste néanmoins que chaque département est libre d’appliquer sa propre réglementation.

C’est au coeur des conseils généraux, dont vous élisez les représentants lors des élections cantonales, que les règlements des archives départementales peuvent être amendés afin de prendre en compte les besoins des généalogistes. C’est donc auprès de votre conseiller général qu’il faut désormais agir si vous souhaitez que votre pratique de la généalogie soit prise en compte.

C’est la raison pour laquelle nous vous invitons aujourd’hui à écrire directement à votre élu pour attirer son attention sur les freins que vous rencontrez ou pourriez rencontrer dans la pratique de votre passion. Un modèle de lettre-type est à votre disposition ainsi que les modalités pour contacter le conseiller général de votre canton

http://appelgenealogielibre.free.fr/courrier.html

C’est en recueillant le soutien d’un maximum d’élus dans chaque département que nous pourrons faire entendre la voix des généalogistes !

Nous comptons sur vous" .
L’équipe GeneaNet.


Soutenez la Généalogie Libre !à  cliquer, à signer !

A la séance du 20 PLUVIOSE AN 7 de l’ agence municipale de la commune de St Paul on a examiné la requête du secrétaire greffier de la commune (je devrais dire les plaintes de celui ci ).

Le sieur Jean d’ENGUY se sent en effet maltraité dans son travail : il est "surchargé d’écritures, tant pour les affaires courantes du bureau que pour les déclarations, levées de cadavres, appositions de scellés, inventaires, constatations de délits, mesures de sureté, informations, interrogatoires, correspondances "Et surtout grande injustice l’agence municipale de St Denis a deux greffiers et n’est peut etre pas autant occuppée que lui" On a ensuite transmis cette requête à l’Assemblée Coloniale . Etait ce suffisant pour attirer l’ attention de cette assemblée coloniale ? à l’évidence non car à cette requête est jointe une sorte de pétition rédigée par les agents municipaux qui vont  " certifier que le secrétaire greffier de cette commune est extrêmement surchargé d’ ouvrage" ! Qu’il "est d’une nécessité absolue que cette commune aye un commis greffier".

On le voit, de l’époque révolutionnaire à aujourd’hui, le service de la justice suscite doléances et pétitions !

Laurence Noël

© Laurence NOËL.

TEXTES ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES  AUTEURES

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire a ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par e-mail.

Rejoignez 26 autres abonnés

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 26 autres abonnés