Recette de l’ élixir de vie

demi once de graine d’anis
demi once de graine de fenouil

RLV -1© S.NOËL

autant de graines de coriandre
autant de graines de carvi

3 racines d’angélique
2 racines de scorsonnaires
demi livre de sucre en poudre
Mettre le tout dans une bouteille de verre double , la bien boucher, et laisser le tout infuser dans 3 chopines d’eau de vie sans feu et sans soleil pendant 15 jours ; on peut en prendre après dîner et autant le soir

Les Propriétés

RLV -4 © S.NOEL

Cette liqueur chasse du corps toutes les impuretees, guéris toutes sortes de fiebures intermittentes,fais sortir les serosites par les vrins, et empêche la petite vérole de marquer et la fais sortir en prenant 2 à 3 cueilleréés par jour, elle est bonne contre le flux de sang et le flux hépatique, purifie le sang, fortifie contre l’asme, donne de l’appétit, fais dormir. C’est un contrepoison, contre la peste, fortifie la chaleur naturelle, et donne une vigueur nouvelle, elle est admirable pour les playes en mouillant de la charpie on trempe dans cet elixir avec une compresse de 4 ou 5 doubles sans autre onguent, elle empêche la gangrenne et gueris en peu de temps toutes les playes en les pansant soir et matin.Annot RLV  S.NOËLAnnot 2 © S.NOËL

Cette recette retrouvée dans un carton de notaire, quelques feuillets après un inventaire de succession de chirurgien a été améliorée et essayée au moins deux ou trois fois en doublant les proportions. Elle devait sans doute soigner aussi bien les plaies de l’âme que celles du corps et a en tout cas été soigneusement conservée aux minutes notariales.

Sabine NOËL

Toutes les graines ou plantes citées sont encore utilisées aujourd’hui pour leurs vertus stimulantes et médicamenteuses.

© S NOËL

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Pierre Cathelouse de  Saint Malo à l’île Bourbon,  2ème expédition de Moka.

« La compagnie des négocians de Saint Malo formée principalement pour faire le commerce du café dans l’Arabie heureuse, s’etoit si bien trouvée de la première expédition, … qu’elle ne tarda pas longtemps d’en entreprendre une seconde, laquelle n’a pas eu un moindre succès et n’interessera pas moins la curiosité du public que la précédente. »

Ainsi commence la relation du second voyage de Jean de la Roque vers le Yémen, au début du 18 ème siècle.

Ces Messieurs de Saint Malo ont armé pour la course et pour le commerce, deux vaisseaux "la Paix" et "le Diligent" , placés sous les ordres de deux capitaines expérimentés, MM. de la Lande et de Briselaine.

[Carte pour l'approche de Moka] / Made By Augustine Fitzhugh at the Corner of the Minnories Neare Little Towerhill Anno Domony 1683

Notre histoire, ici, à l’île bourbon, ne commence que lors de leur retour, lorsque les vaisseaux, après avoir passé les derniers mois de leur périple à Moka, y font relâche.

Nous y trouvons  l’écrivain du  Diligent, Pierre Cathelouse.

« Aujourd’hui, 5 decembre 1712 après midi, nous Justamond secrétaire pour Mss les dir généraux  de la royale compagnie des indes orientales  avons été requis par M de la Brislaine colin cpt, command. Le vaisseau le diligent appartenant aux Ms de St Malo venant de mokand ; et priés de nous porter jusque dans  une maison située  au près du banc des  rochers appartenant à andré Reau dans laquelle maison le sieur Cathelouse, escrivain sur le navire fait sa demeure attendu qu’il est affligé de la perte de sa vue lequel a prié et supplié M de la Brislaine de le laisser à terre … »

L’écrivain de marine est chargé des écritures et des comptes à bord. Il s’agit en général d’un officier ayant le rang d’enseigne. Il relate les conditions de vie, les disettes , les décès, les achats, les escales, les découvertes, les incidents de parcours, les événements minuscules ou dramatiques. Il connaît si bien les aléas des voyages en mer qu’il souhaite sans doute terminer sa vie à l’île Bourbon. Ce jour de décembre, « ne pouvant continuer son voyage », il demande à ne plus courir les mers et son Capitaine croit utile de demander l’inventaire de ses effets en sa présence. Ce qui fut fait :

De l’inventaire de Cathelouse, nous retiendrons en plus des  tapis, camelots, et autres indiennes : une épée au pommeau d’argent, six paires de babouches neuves, une caisse de thé, une botte pleine de poivre, un petit paquet contenant son congé de Pondichery et plusieurs lettres, une malle pleine de café …

Le 26 décembre, il fera transférer un certain nombre de ses marchandises par André Reau  (1), au Capitaine Commandant Dauzel Dufresne (2) sur le vaisseau Le Beau-Parterre pour être acheminées en France. Ce vaisseau avait d’ailleurs été  pris, après combat,  aux Hollandais, au large du Cap de Bonne Espérance, à l’aller. Il devait ramener en France un plant de caféier offert par le roi du Yémen — enfin opportunément guéri d’un abcès à l’oreille par le chirurgien du Diligent, au nom prédestiné de  Barbier ­— pour être offert à Louis  XIV.

Trois semaines plus tard, Pierre Cathelouse, affecté de la perte de la vue et de paralysie, rend son dernier soupir le 12 janvier 1713. Ses biens seront vendus à l’encan le 26 janvier.

Cet encan fut de suite apprécié par la majeure partie des habitants de l’île, à ce moment, démunis de tout ,"mal commodes" et "tous mutins " (A.Boucher) qui survivaient en s’approvisionnant aux vaisseaux de passage.

A cette vente aux enchères, nous retrouvons, Leger, Langevin, l’Abbé Duval, George Noël,

Joseph de Guigné, Patrick Droman, Pierre Parny, Jacques Béda, Auber, Simon Gruchet, Daniel Payet, Antoine Bellon, Hiacinte Payet, Laurent Payet, Estienne  Hoarau, Robin, André Reau, Pitre Folio, Germain Payet, Hervé Fontaine, Françoise Cauzan, Jean Hoareau, Jacques Macé et quelques autres qui emportèrent principalement tapis et toiles de chittes, de lin et d’organdy, mouchoirs et bas rouges … alors que la canne d’argent échue elle au flibustier Jacques Béda, et le coffre fermant à clef à Piras, qui s’en servit sans doute en quittant  l’île.

On ne retrouve à ce dernier  inventaire, ni les ustensiles pour faire le thé, ni le poivre, ni le café…

Au même moment, les  compagnons d’expédition de Pierre Cathelouse se trouvent toujours en mer. Le " Diligent" , lourd de milliers de balles de café, n’atteindra Saint Malo que le 11 juin 1713, après un périple de deux ans et six mois. C’est à la troisième expédition de Moka que le Roi Louis XIV demandera d’implanter la culture du café à l’île Bourbon, avec les conséquences que l’on connaît.

Sabine Noël

(1) André RAULD (RAOULT ou RAUX) , natif de Muron en Saintonge, débarqua en 1706 d’un navire forban. Il acquit en 1707, tous les biens de Pierre FOLIO.

(2) Le Chevalier Dufresne d’Arsel reviendra dans l’Océan Indien en 1715, pour prendre possession de l’ïle Maurice, rebaptisée île de France  et pour confier, nommément, des plants de caféiers à Jacques Auber, Pierre Hibon et André Rault .

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George Noël n’est pas souvent  convié aux délibérations données dans la Chambre du  Conseil supérieur.  Mais nous l’avons retrouvé lors de la séance du 17 juin 1713.
Ce jour là, une curieuse sentence va être prononcée contre les jeunes frères Maillot, Jacques, 17 ans et Antoine, 15 ans.  Accusés du vol d’un cochon, ils sont soumis à la peine infamante de l’exposition publique sur un cheval de bois.1

"De par le Roy

Et messieurs les directeurs  généraux de la Compagnie royalle des
Indes oricntalles de France dans lisle de Bourbon.

Délibération faite par le Conseil assemblé par ordre de Monsieur
le Gouverneur cejourd"huy dix-sept juin mil septcent treize avant midy.


Le Conseil assemblé, ayant examiné le procès fait contre les nommés
Jacques Maillot et Antoine Maillot, fils de Pierre Maillot, et
remarqué qu’il étoit probable que le cochon qu’ils avoient aporté de la
chasse apartenoit aux habittans, de plus veu la confrontation qu’il ce
coupent entre eux ; et ne pouvant entièrement découvrir la vérité du faict
sans apliquer les d. acqusés à la question. Nous avons, sur la semy-
preuve, condamné le d. Jacques Maillot, fils de Pierre Maillot, à estre mis
sur le cheval de bois, tenant en main un petit cochon, en presance des
habittans assemblés pendant lespace d’une heure, et Antoine Maillot
son frère d’assister le d. Jacques Maillot au cheval, et de demeurer le
temps que Jacques Maillot sera dessus

étant d’une grande conséquence que ces sortes de crimes soyent punis,
fait à St-Denis, dans la Chambre du Conseil, les d. jour et an que dessus,
et ont signé à l’original

Parat, Justamond, Simon Devaux, Jacques Béda, Guy Dumesnil,
George Noël, Joseph de Guigné, greffier de lisle de Bourbon ».

Cette sentence est sans nul doute la plus drôle de toutes celles que nous avons pu lire. Le gouverneur,  Pierre Antoine Parat  2  et toute la compagnie assemblée ont du passer un bon moment. Surtout Parat, devenu gouverneur alors qu’il se trouvait en escale à Bourbon et qui se verra poursuivi plus tard par des nuées de petits graviers aussi mystérieuses qu’impertinentes lors de chacun de ses mouvements 3. Cet arrêt vise là à mettre au pas tous ces colons indisciplinés qui ont pris l’habitude de se servir au milieu des troupeaux quasi sauvages dont la plupart  des bêtes ne sont pas marqués.
Il n’empêche que l’épreuve des deux frères a dû être bien mortifiante. Ils sont d’une fratrie de déjà 10 enfants, qui en comptera bientôt 13. Leur père dit  "le Fainéant" (peut être grâce à Antoine Boucher), leur apprit bien sûr la pêche, la chasse  et  sans  doute le braconnage.

L’histoire ne dit pas si le petit cochon écourta la peine des deux frères en s’échappant aussi vite qu’il avait été capturé.

Leur petite soeur Anne Marguerite a environ un an et demi. Elle est aussi une de nos ayeules.

Sabine Noël

1 : le "cheval de bois" consistait en une pièce de bois, taillée en arrête, posée sur des tréteaux sur laquelle devait se tenir le condamné. (Dictionnaire de l’académie française, 1762).

: Pierre Antoine Parat de Chaillenest,  fut gouverneur  de l’île Bourbon d’août 1710 à novembre 1715. En février 1715, il prendra une ordonnance punissant de peine de mort par pendaison quiconque, blanc ou noir, volerait ou détruirait animaux et plantations.

: in : Elie PAJOT (op. cit in Bibliothèque).

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Ladi lafé 1 rue de la Huchette, 1734.

En 1723, débarque à l’île Bourbon un certain Charles Joseph Cougnet dit Tessier, canonnier de métier. Il est accompagné de Jeanne Le Maire, jeune veuve bretonne de Port-Louis qu’il vient d’épouser, ainsi que de leur premier enfant.

Au recensement de 1733, il a 40 ans, sa femme 38. Ils ont deux enfants. L’éducation de leur fils a sans doute ramené Cougnet à Orléans, son lieu d’origine, et à Paris où il va faire en 1734 une bien opportune rencontre.

Nous sommes rue de la Huchette.
Une de ces anciennes rues de Paris, proche de celle du «chat-qui-perche», étroite et sombre , connue pour ses commerces de toutes sortes et la mauvaise réputation qui s’ensuit. Les enseignes y sont nombreuses, comme celle de «la huchette d’or», qui lui laissera son nom. Les auberges, les cabarets, les rotisseries se remplissent de voyageurs, de marchands, d’étudiants, et surtout de filles, de filous et autres gâte-bourses.

Notre homme, lui, s’est attablé à "l’enseigne des deux- bœufs", hôtellerie faisant le coin de la rue, mitoyenne d’une étuve à femmes 2, près de l’abreuvoir du Pont-Neuf. Il n’est pas seul. Chez l’hôtelier Voisin, loge aussi  le sieur Saint Lazare  de Villiers, capitaine au régiment de Navarre  avec qui il converse  "de choses et d’autres". On s’en doute, de champs de batailles. Notre canonnier se présentant comme établi à l’île Bourbon, son interlocuteur lui raconte alors qu’il a  «bien connu et vu»,  le sieur Rodier de Lavergne. Et que ce dernier a été tué en 1734 au cours de la première campagne d’Italie, «d’un coup de canon qui l’emporta  avec sept dragons de son régiment»Et  «Que même», l’officier fut à son enterrement.

L’affaire est d’importance, aussi Charles Joseph Cougnet dit Tessier s’empresse d’en témoigner à son retour à l’île Bourbon au Conseil supérieur de l’île, «à valoir et servir en tems et lieu». Il rajoute que Saint Lazare lui a fait le portrait, «taille et corporance»de Rodier de Lavergne, et qu’il a parfaitement identifié celui qu’il avait bien connu, tant à Lorient qu’en cette isle.

 

La relation est affirmée et bien détaillée. Ainsi donc, Rodier de la Vergne serait mort au cours des guerres de succession de Pologne qui opposèrent les Français et les Piémontais aux Autrichiens. Le motif du conflit étant de redonner au beau père de Louis XV, son trône à Gdansk. Si force détails sont donnés, le lieu de la bataille n’est pas nommé. San Pietro ou bien
Guastalla, où des milliers de morts ont effectivement été emportés par les canons  ennemis ?

Dans quel but est établi ce témoignage, le 3 novembre 1736 ? Que peut-il valoir et à qui peut-il servir ?
Nous le savons, Marianne Noël est toujours l’épouse de Rodier de Lavergne. Elle ne peut donc se marier avec son nouveau compagnon, Juan Fernandez Casanova, dont elle a, à ce moment, deux enfants.
S’agit-il alors d’un témoignage de complaisance ? On le voit, le canonnier ne fait qu’un récit de seconde main, relatant une conversation de taverne. S’agit-il d’une vantardise, d’un ladi lafé, voire en espérait-il quelque récompense en retour ?
Car la vie n’est pas toujours rose dans les îles.
Ainsi, chez les Cougnet-Tessier, les naissances se sont succédées, et les enfants sont pour la plupart morts en bas âge. Le 8 octobre 1836, soit un mois avant ce témoignage, Jeanne Le Maire à demandé la séparation d’avec son mari, pour mauvais traitements, avec une pension pour leur fils Jacques éduqué en France. Le Conseil Supérieur la déboute alors de sa demande de séparation de corps avant le partage des biens. Nous apprendrons ensuite que Jeanne mourra trois ans plus tard. Tandis que son mari, en 1747, sera condamné aux galères pour vol. S’il fut bien fustigé et flétri de la fleur de lys en place publique, Cougnet dit Tessier mourra à St Denis en 1763… sans être jamais allé aux galères.

Quant à son témoignage de 1736, il n’eut aucun effet sur le statut de Marianne qui ne se remariera pas.
S’il est vraisemblable que Rodier de Lavergne ait repris du service dans les armées du Roy, nous savons aujourd’hui qu’il fut, par ce témoignage, « reconnu » et « enterré » trop tôt .

En effet, Isaac Jean Rodier de Lavergne testera en faveur de sa fille, bien des années plus tard, prouvant ainsi définitivement, qu’il n’était pas mort ni en Italie, ni pour  Gdansk.

Sabine Noël

Remerciements à Marguerite V, pour sa complicité .

1 :  ladit lafé ou laditlafé : il l’a dit, il l’a fait, signifie commérages, ragots, médisances, en créole réunionnais.

2 : bains publics

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Pitre Folio (1666-1714)

Né en décembre 1666 au milieu des fils d’or et d’argent que tissaient ses parents et ses grands parents.  De : «Pierre Folliot, ouvrier en soie, fils de Sébasien Folio et de Louise DUBIN » et de «Jacquine PICOU, fille de Joannes Pierre, maître ouvrier en soie et de Marie MOREAU ",(1) mariés en mars de la même année. De "Pierre Folio et de Jeanne Pigous, de la paroisse St Pierre-des-cors",(2) pour son contrat de mariage, tels qu’il les déclare. Né en plein âge d’or de l’industrie de la soie en Touraine, là où la cour depuis Louis XI en 1470, s’habillait et dormait dans des «draps» de soie. Pitre ou Pierre Folio, ou parfois écrit Fouliot (3) eut comme fées sur son berceau, des maîtres en soie, en passementerie et en rubans. Etaient-ils protestants puisque la réforme depuis le XVIe siècle imprégnait fortement ces corporations ? Furent-ils victimes du marasme économique dû à l’exil de ces mêmes huguenots, après la révocation de l’Edit de Nantes ? Il semble seulement que la famille Folio et leurs alliés disparurent aux mêmes dates des registres paroissiaux.(1)

Pierre s’exila pour des raisons peut être religieuses ou économiques ou par esprit d’aventure ou pour ces trois  raisons à la fois. Puisqu’il débarqua, en tant que flibustier, à Bourbon en 1699 d’un brigantin anglais, ce qui laisse place à toutes les suppositions.

Il a 29 ans, Il est riche, et peut acquérir rapidement six propriétés. Il se marie la même année. La promise, Françoise Cadet, amène elle, en communauté, son coffre et son lit «garny».

Pierre s’associe à son beau-père et ses beaux-frères pour cultiver des terres prés de la rivière des Galets. Mais les ouragans les découragent et les familles Cadet et Folio pensent à s’exiler à nouveau. On décide de partir  faire fortune aux  « Indes».

En 1707, les cases, les «bleds», les «noirs», furent vendus et on attendit le prochain bateau. Ce fut le Saint Louis en 1708. Mais Pondichery ne fut pas leur Eldorado. Le rêve des Indes tourna court, car ne devient pas "Nabab" qui veut. Françoise mourut, sans doute des fièvres de ce pays insalubre et Pierre repartit aussitôt avec ses deux filles, Françoise et Louise, pour l’île Bourbon. Son esprit d’entreprise ne faillit pas et il continua à investir, acheter et aider ses beaux-parents.

Pierre a décidé de refaire sa vie mais règle en parfait père, la situation de ses enfants. À ce moment, il habite chez Marie Vera,(4) grand-mère de sa femme et procède à l’inventaire de la succession de Françoise Cadet, en partage avec ses filles.

Celles ci seront parfaitement dotées et aligneront, plus tard, lors de leurs contrats de mariage, des « cassettes de bijoux » à faire mourir d’envie. Françoise épousera Pierre Auber en 1716 et Louise épousera Juan Fernandez Cazanove en 1723.

En 1710, Pierre Folio se remarie avec Brigitte Bellon, 16 ans, pour se rendre compte assez rapidement qu’il lui fallait mieux confier ses deux filles à leur grand-mère, Antoinette Nativel. Celle-ci rescapée de Fort Dauphin semble tout indiquée pour les éduquer. Elle parle anglais, malgache, dit-on et a une forte personnalité.

Brigitte et Pierre ne s’entendent pas, de notoriété publique. La différence d’âge est importante. Trois enfants naîtront, pratiquement tous les ans, Pierre en 1711, Jeanne en 1712, Marie Anne en 1713. Ce qui n’arrangea rien.

Pierre avait résisté aux dragons de Touraine et à ceux des océans. À Bourbon, une femme aura raison de lui. Plus tard, on retrouvera dans son inventaire après décès toutes ses armes à la maison, un fusil, deux pistolets, deux fusils boucaniers.

Pierre disparaîtra, mystérieusement, de désespoir, ou pire, dénonça-t- on, dans la nuit du 17 au 18 mars 1714, sur une plage, aux reflets d’or et d’argent.

Sabine NOËL

Remerciements à Hadrien pour sa complicité.

(1) Recherches dans les registres paroissiaux d’Indre et Loire d’Hélène SAVIN in : Bull. du CGB, n°36 , Juillet 1992, p.1024 .
C.RICQUEBOURG, Dictionnaire,..
(2) Recherches S.Noël, Anom.
(3) Recherches acte de Baptême d’Annie Holzman, via Claude Rossignol.

(4) Marie VERA, Veuve Pierre Nativel, précisément içi, apparaît au fil des actes, suivant l’oreille ou l’orthographe des scribes sous différents patronymes : VARAY, VARACH, VARAKA, pour devenir Thérèse SOA (SOU), SOLO ensuite. Elle fut dite aussi Marie de Fargin, des Matatanes d’où elle venait, et mourut en 1733, chez sa fille Louise, Veuve Cadet.(d’après les notes du Père Barassin).

© S NOËL

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Hello, old chap,

Et bien, vieux pirate, cela fait maintenant deux ans que tes petites, toutes petites filles, ont décidé d’ouvrir un blog en ton honneur et en celle de ta descendance! J’ai lu avec attention les différents articles de ce blog et je suis en admiration devant le travail accompli durant ces deux années : avec quelle ténacité et quel amour, les auteurs essaient d’en apprendre toujours davantage sur toi ! Aussi vais-je essayer, de mon côté, d’apporter ma contribution pour fêter ce deuxième anniversaire.
De même que tu as été un proche de John Bowen, de mon côté, j’avais l’oreille d’Olivier Levasseur. Aussi vais-je te parler d’une chose qui, à son époque, ne se disait qu’à voix basse, car personne, hormis moi , n’en connaissait le secret. D’un autre côté je pense que l’excellent travail accompli par Laurence et Sabine mérite récompense. Toutefois, je n’ai pas l’intention de révéler quelque secret mais parlerai simplement de ce que j’ai ouï dire.
J’ai donc été un des compagnons de "La Bouche"! Pourquoi ce sobriquet ? : Il manipulait les bouches à feu avec une dextérité et une rapidité déconcertantes !
Mais il était plus connu sous le nom de "La Buse"car, comme un rapace, il savait fondre avec audace sur sa proie lorsqu’il montait à l’abordage, jetant l’effroi parmi ses adversaires.
Je ne reviendrai pas sur l’ambiance et la moralité qui régnaient à bord : nous étions des "PIRATES" avec nos propres lois et nos coutumes et ce n’est pas à toi, old chap, que je vais le rappeler.
Nous avons sillonné la plupart des mers mais, en dernier l’Océan Indien avait notre prédilection.Nous le connaissions jusqu’au moindre îlot et étions toujours prêts à nous prévenir d’une attaque ! Des cachettes, il y en avait partout et plus d’un d’entre nous y a mis en sécurité magots et autres trésors.
Et c’est dans une de ces îles, qu’un jour, à la tombée de la nuit, Levasseur ordonna à un de ses hommes de le suivre discrètement. Tous deux, étaient armés de fusils et de pistolets. Ils emmenèrent avec eux deux prisonniers qui eurent pour mission de hisser à dos de mulets plusieurs caissettes ainsi que des outils de terrassement, puis les quatre hommes, dont deux portaient des torches, s’enfoncèrent dans la forêt !
Je ne revis La Buse que dans la journée du lendemain : il m’adressa normalement la parole. De mon côté, connaissant son caractère soupçonneux, j’évitai, par prudence de lui poser des questions. Toutefois, je connaissais bien son complice : c’était un homme d’une fidélité à toute épreuve suer lequel, donc, on pouvait compter, mais il avait pour défaut de s’adonner à la boisson.Un jour, je rencontrai "le Portugais" (c’était la nationalité de l’homme en question) dans un tripot au bord de la plage. Après avoir ingurgité moult calebasses de rhum, il se laissa aller à faire quelques confidences mais sa conversation était presque incompréhensible car il mélangeait facilement toutes les langues, de plus sa voix était un peu inaudible. Toutefois, il insista plusieurs fois sur le mot "Cruzeiro do Sul": il s’agissait, sans nul doute, de la Croix du Sud, constellation dont l’étoile fixée à la base du plus grand bras, guide les navigateurs vers le Pôle Sud! Il semble donc qu’il y avait un lien permettant de cibler la cachette du trésor de La Buse par rapport à la position de cette constellation ; le tout était de savoir s’en servir et à quelle heure ! C’est ce qui explique que l’opération d’enfouissement eut lieu de nuit et que Levasseur et son complice ne sont revenus que le lendemain et…seuls ! Quelques jours plus tard, des débris humains, dont la tête du Portugais, furent retrouvés à l’embouchure du fleuve, non loin de notre camp de fortune, là où requins et crocodiles ont pour habitude de se livrer des combats féroces pour la plus grande joie des "parieurs".Mort naturelle à la suite d’une ènième beuverie, peut-être, sinon Quid !?
Après la mort mystérieuse de son complice, La Buse prit du repos forcé, attendant une occasion propice pour pouvoir jouir de sa fortune dans un coin plus hospitalier, mais la suite est connue : l’arrestation puis la pendaison.
Après l’exécution de Levasseur, plus rien ne m’empêchait d’aller moi-même mettre la main sur cette fortune inespérée mais, par les cornes du diable, la Providence ne m’en laissa pas le temps et le mystère jusqu’aujourd’hui reste entier! D’autre part, l’endroit supposé a déjà fait l’objet de plusieurs secousses sismiques. Il n’y aura donc plus personne pour révéler l’endroit approximatif et puis il y a déjà eu trop de victimes pour le retrouver! Pourquoi en rajouter?
Ce que je peux affirmer, cependant, c’est que beaucoup se trompent quant au lieu. Personne, durant son interrogatoire, n’a pu soutirer à La Buse le moindre renseignement et le cryptogramme lancé à la foule n’a été qu’un leurre. Toutefois, une seule personne semblait posséder quelques renseignements à ce sujet mais n’en connaissait pas l’essentiel. De qui les tenait-il? Peut-être du Portugais car, tout comme ce dernier, Juan C…. était un "ibérique"!
Ce personnage que tu connais fort bien,et pour cause, s’était fait une place au soleil à Bourbon où il était à la tête d-une entreprise de transport par voie maritime. 
Juan C…. connaissait toute la région et peut-être a-t-il entrepris des recherches pour retrouver le trésor de La Buse, nous ne le saurons jamais car il mourut de mort mystérieuse à Palacol, Comptoir hollandais de l’Inde.
Old chap, tu diras à tes arrière-arrière petites filles, qu’elles ont su faire le bon choix en dirigeant leurs recherches de ton côté plutôt que vers quelque chose d’introuvable ! Comme je sais qu’elles sont tellement attachées à leur île, je leur fais cadeau de ces quelques révélations ; qu’elles sachent bien, toutefois, que leur vrai trésor, c’est leur magnifique blog.

ton compère:

VENT DE NOROIT

© JMA. TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DE L’AUTEUR AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG


De John à George, et du développement très très durable (1704/1928/1960 )

Les archives mènent à tout : de l’enquête policière au développement durable, j’en ai eu encore un exemple ce matin.

Habituellement, hors le cadre d’une recherche précise, j’extrais les documents de leur boite au fur et à mesure de leur rangement jusqu’à ce qu’un nom attire mon attention et la retienne.

Ce matin, les noms de Royer et Baillif me font m’arrêter sur un contrat. Il s’agit d’un contrat de vente de Guy Royer à Etienne Baillif du 29 octobre 1704 ; Dans la marge de cette convention il est écrit  « John NOEL ». Ce script est particulier: il y a en effet comme un doublement du L qui se terminerait en une cédille. Cette curieuse façon d’écrire Noël, je l’ai déjà vu sur un acte ultérieur de George Noël.

George aurait il d’abord été John ?

Des indices : George est arrivé en Avril 1704, le contrat est d’octobre 1704 et le vendeur Guy Royer est son beau-père depuis un mois.

Il y a-t-il eu, en cet acte une mauvaise interprétation due à la langue anglaise ? Le corps de l’acte ne donne aucune indication quant à ce «  john ».

Alors …

Mais ce document est aussi source d’autres considérations, à savoir le développement durable. Et j’oserais écrire très très durable. En effet, pour des raisons économiques lointaines mais qui pourraient être de la même nécessité aujourd’hui, les documents des ADR ont été enveloppés de chemises fabriquées dans d’autres documents. Et, c’est ainsi que cette convention de 1704 a été enveloppée dans un papier émanant du receveur de Bois de Nèfles, en 1928, intitulé « Travaux en régie à la tâche », puis dans un second intitulé « dépenses/recettes » du 27/02/1960.

De 1928 à 1960, où a-t-on vu un recyclage papier d’une telle durée ? Et merci , grand merci à toutes ces personnes qui ont veillé à ne pas gaspiller le papier. Grâce à elles, sur ces papiers destinés, je le suppose, au pilon, on peut voir qu’un descendant Noël, de George ou John ?  a émargé en 1928 au titre des travaux en régie. Il s’agit d’Emmanuel Noël, au titre d’approvisionnement de « menues pierrailles ».

Alors grand merci au personnel des ADR, passé et présent !

Laurence NOËL

St Denis, septembre 2011

©  L NOËL

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Pour les deux ans du blog,  et quelques centaines d’ années d’anniversaire de l’installation de George Noël à l’Ile Bourbon, voici son contrat de mariage avec Catherine Royer.

Il ne nous apprend pas grand chose de plus, mais peut mettre définitivement fin aux erreurs concernant le patronyme de la mère de George Noël. Car, une erreur se répète régulièrement, içi et là.  Il ne s’agit pas d’Anne REBEQUE, mais de Rebecque NOËL, un "dame" ayant été interprété et recopié comme "Anne".

"Aujourd’huy, vingt troisième aoust mil sept cent quatre ont comparu devant nous Antoine Boucher, secrétaire établi pour la Royale Compagnie des Indes oriantales de France en l’Isle Bourbon, les nommés George Noël, fils de Thomas et de  Rebecque  ces père et mère natif de la ville de Londres en Angleterre, demeurant dans cette Isle dans la paroisse de St Paul d’une part , et Catherine Royer fille de Guy Royer et de Catherine Bellon ces père et mère native de l’Isle de Bourbon paroisse de St Paul d’autre part entre quelles parties est convenu les faits de mariage, …."

Le contrat de mariage est succinct. Aucun bien n’est décrit, ni inventorié. La communauté de biens restera par moitié au dernier vivant et par moitié à ses enfants, si l’un des deux mariés est amené à disparaître avant l’autre. Catherine, ne sachant signer est représentée par le Sieur de St Germain et ses parents par Jacques Béda et Ellye Le Breton, deux de leurs gendres.

Dans ce registre, tenu par Antoine Boucher, l’acte suivant concerne la donation d’un terrain à la montagne, d’Antoinette, "Thoinette" Arnaud ( le patronyme est écrit par trois fois dans l’acte Renaud), à la jeune Catherine, 13 ans, sa petite fille.

Quelques jours plus tard, sera enregistrée la donation  des parents Royer à Simon Deveau, leur beau fils.
"l’emplacement d’une maison sur les roches borné d’un bois de senteur par en bas et d’en haut d’un benjoin"  en échange de l’emplacement sur les sables  qu’il délaisse au profit de George Noël, s’il devient bien le mari de Catherine.

Ce qui fut dit fut fait, puisque dés le 11 septembre, George, le "prétendant" , devenu mari le  9  , "troquera" cet emplacement contre celui d’Elyye Le Breton, toujours sur les Sables de St Paul. Ce dernier gendre ayant reçu, par ailleurs, aussi une habitation à la montagne pour le gratifier de "longs et pénibles travaux" réalisés chez ses beaux parents. Guy , "L’ Eveillé", retient ses gendres dans un maillage complexe et efficace.

L’habitation de George se trouvera donc à la suite de ce double échange au n° 16 sur le plan de Champion.

Sabine Noël

Tous les articles concernant George sont classsés dans la rubrique George Noël  et/ou Famille Noël.
Un index chronologique, interrogeable en clicquant sur chaque titre, se trouve aussi en bandeau du blog.
de même pour les mots surlignés ou colorés qui vous renvoient vers d’autres pistes. Bon voyage.

© Sabine NOËL

TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG

L’été est propice aux récoltes et aux moissons. Et s’enfermer aux Archives, c’est aussi plus facile en cas de pluies et de mistral.

Alors, une ou deux perles rencontrées içi ou là au gré des rédacteurs et autres secrétaires de nos actes préférés.

Car si un article généalogique est facile (ou pas) à lire, il a souvent nécessité de nombreuses années, de nombreuses heures de  recherches, de compilations, de déchiffrage  aussi.

Il y a parfois de bonnes surprises, mais aussi, régulièrement, "chou blanc".

On tombe parfois sur des pages pratiquement illisibles mais dont la calligraphie devient tableau :

Il y a des registres incomplets, mal indexés, lacunaires :

là, il manque quelques lettres :

Là le rédacteur reconnaît qu’il y a une erreur de folio ou même d’année :

Ou plus grave, l’acte peut être déclaré nul !  A Bourbon, vous devinez pourquoi.

Et tiens, il manque encore des lettres :

encore quelques lettres ou bien des pages :

Bien sûr, de la faute du secrétaire.
En bref, donc, car tous ces actes sont encore à indexer et à relier.
Mais rien de remplace ce contact là en direct avec des papiers qui ont pu être manipulés par nos ancêtres.

Sabine NOËL

© S  NOËL.

TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG

Marianne NOËL (1707-1769) (1.1)

Marianne n’a pas reçu l’éducation de ses frères Jacques, Georges et Louis. Comme la majorité des femmes à Bourbon, comme sa mère, elle ne sait ni lire ni écrire. Même si Antoine Boucher écrivait que son père George Noël prenait : «  grand soin de sa famille, et de ses noirs, qu’il conduit d’une manière édifiante, et louable. »  et qu’ « Il  a eu de son mariage une fille qui est encore fort jeune, à laquelle il donnera sans doute une bonne éducation ».

Marianne  a 18 ans, lorsque son mari est arrêté.
Elle est mineure et donc incapable juridique. Elle est confiée à ses parents.
Le jugement de janvier 1727, stipule que les biens d’Isaac Jean reviennent à sa fille Marie et l’usufruit à sa femme Marianne à la charge pour elle de payer les dettes contractées par son mari et en cas de refus, « le dit Isaac Jean Rodié de lavergne gardera les prisons jusqu’au prochain départ des plus proches vaisseaux pour la France . »

On lui offre la possibilité de « libérer » son mari à condition de régler ses dettes. Manifestement elle n’y arrive pas. Et c’est une seconde  procédure qui est mise en oeuvre.
Curieusement, alors qu’elle ne peut ester en justice, elle va accomplir différents actes de sa seule autorité. Le 14 janvier 1727, elle demande la séparation de corps et de biens d’avec son époux. Requête étrange, car le jugement l’induisait d’office. Lui a-t-on conseillé cette demande ? Son mari l’accepte. L‘effet est immédiat. Il est aussitôt libéré, « de ce jour d’huy » .

Les époux, ne tiendront pas leur engagement d’être « séparés de corps et d’habitation ».
Jean-Jacques, leur fils, naîtra  un peu moins de neuf mois plus tard. Il portera le prénom de son père et celui de son oncle, Jacques.
Dès son arrivée à Lorient, Isaac Jean réfutera cette séparation de corps et de biens.
Marianne, quinze jours après le départ forcé de son mari  se voit obligé de vendre quelques biens. Elle acte seule, une vente de 28 pieux de bois écarri à Marie Anne Fontaine, payable en quatre tems et « dés que possible ».  Seulement, elle ne donnera quittance du paiement de ces pieux, revendus par la Dame Fontaine à Pierre Benoît Dumas qu’en 1731. En octobre 1727, le Conseil supérieur lui réclame le paiement de cette meule de foins perdue et retenue sur la solde d’un soldat par le lieutenant de Lavergne . Le soldat Caton a t il ainsi touché le prix d’un témoignage à charge ?

Marianne se retrouve bien seule et sans doute bien démunie avec ses deux bébés. A-t-elle l’espoir de revoir son mari ?  Refuse t-elle de retourner chez ses parents ?
Elle n’apparaît pas sur les recensements de George & Catherine ni en 1731, ni en 1733.

Elle attendra son mari cinq ans .

Plus tard, elle ne sera jamais présente et se fera toujours représenter dans les circonstances qui l’amèneraient à rencontrer sa mère, comme en 1740 (Partage à l’amiable …) ou en 1763.

Officiellement, Il lui faudra attendre l’année 1734, pour qu’un arrêt spécifique du Conseil supérieur de la colonie « l’autorise en justice à la poursuite de ses droits et actions. »  Cette formule  précédée de l’explication juridique suivante : «  Marianne Noël, épouse du sieur Isaac Jean Rodiér de Lavergne »,  «  banni de la colonie » ou ensuite, au fil du temps, « absent de cette isle depuis plus d’un an »« depuis plus de sept ans », « depuis de nombreuses années » l’accompagnera dans chacun de ses actes notariés, pratiquement toute sa vie.

Il lui faudra attendre bien des années encore pour que à un âge avancé  et sans doute à force de détermination, elle apprenne enfin à signer.

Sabine NOËL

Remerciements à Bénédicte pour sa complicité .
Recherches aux ADR avec un de nos cousins descendant par alliance de Marieanne.

© Sabine NOËL  TEXTES  ET DOCUMENTS SOUMIS À L’AUTORISATION DES AUTEURES AVEC CITATION DE L’ URL DU BLOG


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